lundi 17 décembre 2012

Fin du monde

J'avais vu se désintégrer le monde. Je l'avais vu pourrir et mourir. Les méta-biotopes de synthèse avaient pris la place de l'humain et son bio-environnement en phase de représentation terminale, comprenez derrière la vitre blindée d'un musée en orbite spatiale fixe.

Je respirais, à travers mon masque et ses filtres à oxygène-carbone, un air vicié, relents d'une ère technologique et industrielle à jamais inscrite au fusain dans les livres d'histoire sur tablette numérique. Photos jaunies, aux couleurs passées depuis des décennies, ne resteront que les témoins muets d'une époque ternie.

J'avais senti l'odeur particulière d'un monde en agonie terminale. Rouille, chair en putréfaction et bois rongé par les flammes, un parfum unique en son genre et déterminant avec une précision létale les derniers restes à carboniser.

J'entendais les râles de souffrance se dégager des caves et des entresols moites et humides où se terraient les derniers survivants, se nourrissant de leurs semblables morts et des quelques rats faméliques qu'ils arrivaient à capturer dans leurs ridicules pièges.

 J'avais perçu tout cela, et je me tenais là, sur les ruines d'un monde condamné, un flingue et une balle à tête creuse dans les mains.

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